Les Raketa 24H spéciales

Cet article est le 3e d’une série de trois qui embrasse tous les modèles authentiques de Raketa 24 heures soviétiques:
1. Les Raketa 24 heures polaires (dans un article général sur les montres 24H polaires soviétiques)
2. Les Raketa 24 heures classiques
3. Les Raketa 24 heures spéciales
Les Raketa 24 heures sont celles qui connaissent le plus grand nombre d’imitations, de faux et de franken (montre composée d’éléments de montres de modèles différents).
A cela s’ajoute les montres s’affichant comme fabriquées en URSS mais en réalité bien postérieures à la chute de l’URSS, et produites par Raketa, alors au bord de la faillite, parce que le « CCCP » était plus vendeur que le « Russia ».
La grande majorité des prétendues « Raketa 24 heures soviétiques » présentes sur les site de ventes en ligne ne sont pas authentiques.
A l’exception des premières montres 24 heures polaires traitées dans le premier article, et qui emboîtent le mouvement ЧН-47М à 17 rubis, TOUTES les Raketa 24 heures soviétiques emboitent des mouvements 2623 et 2623H.
Vérifier le mouvement permet d’identifier une majorité des fausses Raketa 24 heures.

Introduction

Entre 1987 et 1991, la Fabrique de Petrodvorets a produit des 24H personnalisées, commandées par des entreprises ou des institutions soviétiques.
Les principaux modèles sont connus et indiscutables même si ils sont parfois très rares.
Mais par la suite sont apparues de nombreuses Raketa 24H à thématique politique, militaire ou navale qui sont beaucoup plus sujets à caution.

1. Les 6 spéciales soviétiques indiscutables

1.1. La « Chemins de fer »

En 1837, une première fois ferrée est inaugurée en Russie entre Tsarkoïe-Selo et Saint-Pétersbourg.

1.2. La ZESTRIL

(collection B. Hanoï)

Des World Time portent en vert sur le cadran « ZESTRIL », le nom d’un médicament faisant baisser la tension artérielles. Elles ont été produites pour la société pharmaceutique Astra Zeneca pour être offertes à des médecins. Les Zestril sont, autant que je sache, les seuls 24H légitimes qui combinent un cadran cyrillique avec une lunette intérieure (celle portant les noms de villes) en caractères latins.
Elle date de 1991

1.3. L’ASPOL

Les Raketa 24 heures soviétiques (2e partie: Les 2623.H spéciales) Aspol10

L’ASPOL est l’Association des explorateurs polaires.
J’ai vu le cadran en bleu de ce qui semble être un franken (mauvais boîtier) mais qui pourrait être une production officielle mais post-soviétique

Une enveloppe illustrée de 1991 en l’honneur de l’ASPOL

1.4. La Compagnie de Navigation du Nord Ouest

(collection F. Gordon)

Montre rare et appréciée, elle a fait l’objet de copies et « d’hommages » plus ou moins fidèles:

1.5. L’ARCTIKOUGOL

(collection B. Hanoï)

L’Arktikougol est la Compagnie des Charbons arctiques.
en savoir plus sur cette montre et l’Arktikougol

1.6. La BOUREVESTNIK

Bourevestnik (буревестник), cela veut dire « Pétrel » (l’oiseau marin). C’est le nom d’une entreprise pharmaceutique de Léningrad

Deux autres 2623H spéciales ont déjà été reprises dans le chapitre sur les Raketa 24H polaires:
– La Raketa 24H SIBIR 1987
– La Raketa « participants de l’expédition antarctique » (« участники антарктической экспедиции »).

2. Les 24H navalo-militaires

Deux modèles sont authentiques dans tous les sens du terme (réellement soviétiques et sorties telles qu’elles de la fabrique de Petrodvorets):

2.1. La Bespokoiny

Il est équipé de ces curieux 2623H de fin de production soviétique dont seul le rochet est gravé:

Les deux drapeaux, celui de la flotte russe (croix de saint André bleue et soviétique) font sens puisqu’il s’agit de commémorer le destroyer Bespokoïny.
Le 28 décembre 1991, ce destroyer lance-missiles, qui appartient à la classe Sovremenny, entre en service dans la flotte de la Baltique. Ce navire est actuellement un musée que l’on peut visiter sur les quais de Kronstadt.
Ce modèle de montre a été vu avec un passeport de 1991

Il avait repris le nom d’un destroyer entré en service en 1914 dans la flotte de la Mer Noire:

2.2. La КСФ ДПЛК

Краснознаменный Северный Флот Дивизия Противолодочных Кораблей. soir Flotte du Nord « Drapeau Rouge », Division anti-sous-marine (auquel appartient effectivement le porte-avions « Amiral Kouznetzov »)

2.3. Les sinon douteuses, du moins post-soviétiques

Quelques exemples:

3. Les tout-juste post-soviétiques

Les montres ci-dessous pourraient être jugées soviétiques (SU estampé sur le mécanisme, « Sverdlovsk » sur la lunette intérieure des World Time, etc.) mais en fait: non. Notons que différentes dates peuvent être retenues pour décréter la fin de l’URSS. La plus communément admise est le 8 décembre 1991 mais avant cela il y a eu la vague des proclamations d’indépendance et une situation de double pouvoir (de triple même au moment du putsch d’août 1990), et ce n’est qu’après cette date que Gorbatchev va démissionner, tandis que la constitution soviétique restera en vigueur jusque fin 1992.
L’industrie horlogère entérina bien sûr chaque fois après-coups les changements politiques, avec un double délais politique (qui explique la période où il n’y avait sur les cadran des montres, déjà plus de « fabriqué en URSS » mais pas encore de « Fabriqué en Russie ») et technique (par exemple: écoulement des stocks de mécanismes ou cadrans marqués URSS).
Par convention, je classerai

3.1. L’Aigle impérial

Sa thématique même la dénonce comme post-soviétique mais elle a été produit très tôt, fin 1991 ou 1992, en pleine transition. C’est, malgré sa thématique, la plus soviétique des post-soviétiques

3.2. Le « Komsomol de Magnitogorsk »

Le sous-marin Магнитогорский комсомолец (б-437) est entré en service en 1973, cette montre date donc de 1993.

3.3. La Baïkonour

La mission Soyouz TM-15 date de la mi-1992. Le cadran porte déjà le drapeau russe mais la lunette intérieure mentionne « Sverdlovsk » alors que la ville a été rebaptisée « Ekateninbourg » fin 1991. Le mécanisme a aussi des marquages « soviétiques » (SU)

3.4. Service radio de la Marine

Elle a été produite pour le cinquantenaire de ce service, c’est à dire… en 1993

3.5. L’Astra

Ce paquebot soviétique avait été acheté par un armateur yougoslave. La montre date de 1993.

4. Les équivoques

Il y a une catégorie de montres qui ne sont pas des franken modernes mais sans doute des petites productions improvisées dans l’usine Raketa ou autour d’elle, à l’époque de la grande crise succédant à l’effondrement de l’URSS.
Il n’est pas impossible que ces cadrans ait été fabriqué dans un atelier de l’économie parallèle, et ensuite monté sur des Raketa pour les rendre plus vendeuses.
Ces filouteries sont le fruit d’une petite industrie de survie qui impliquait parfois les travailleurs des fabriques horlogères qui, ne recevant pas de salaire, se « payaient sur la bête » en sortant des stocks de pièces qui étaient assemblées et « améliorées » dans des ateliers extérieurs.
Sont reprises comme « équivoques » celles dont il n’est pas certain que le cadran soit « officiel »

4.1. Les Kremlin

Ces trois 24H « kremlin » appartiennent à l’époque grise mais arborent le drapeau russe donc « entérine » le coup d’Eltsine contre l’URSS.
Ni mention de marque, ni mention de pays. Cadran monté parfois avec des lunettes « World Time », parfois « Marine » (ce qui est en soit louche).

(collection Samun)

4.2. Le Découverte de l’Amérique

Là aussi il s’agit d’une production de la période grise, dont il n’est pas absolument certain qu’elle soit sortie telle qu’elle de la Fabrique de Petrodvorets. Il n’est pas impossible que ce cadran ait été fabriqué dans un atelier de l’économie parallèle.

5. Les Rakeka 24 « améliorées »

Il s’agit d’honnête Raketa qui ont été rendues plus vendeuses par une surimpression sur le cadran dans un atelier de l’économie parallèle.

Il y en a de très nombreux exemples.
En voici deux: