
Montre bracelet, mécanique, à petite seconde, de la Fabrique de Montres de Maslenikov (ZIM)
Montre commémorative des 50 ans de la fondation officielle, le 15 février 1942, de la Fabrique de traitement des métaux non ferreux de Kamensk-Oural. (Каменск-Уральский завод по обработке цветных металлов, K.Ur OTsM ou plus communément KUZOTsM).
C’est une Pobeda même si la marque n’apparait pas sur le cadran.
Boîtier de laiton chromé type 681 à fond clipsé
Gravure sur le fond : 121197
Mécanisme : ZIM 2602 à 15 rubis
Mentions sur le calibre : ЗИМ 2602 sur la platine
Date de fabrication : avant février 1992
Diamètre sans couronne : 34mm
Largeur avec couronne : 36mm
Dimension de corne à corne : 42mm
Épaisseur : 10mm
Entre-cornes : 18mm


La Fabrique de traitement des métaux non ferreux de Kamensk-Oural est une grande entreprise spécialisée dans la production de cuivre, de laiton et d’autres métaux non ferreux laminés utilisés dans la construction mécanique, l’électronique et le secteur de l’énergie.
Elle fut créée lors de l’invasion hitlérienne, avec des équipements et des travailleurs évacués des régions qui menaçaient d’être occupées. Conformément au décret du Conseil d’évacuation et à l’ordre du Commissaire du peuple à la métallurgie des métaux non ferreux de l’URSS, en date du 15 octobre 1941, les premiers contingents de matériel et d’ouvriers provenant de l’usine Sergo Ordjonikidze Koltchouguinski, de l’usine de laminage de Moscou et de l’usine de laminage de Rostov furent envoyés dans la région de Kamensk-Oural en novembre de la même année.
Un emplacement fut réservé au matériel dans les bâtiments en construction de l’usine de réparation de locomotives. L’équipe de la nouvelle entreprise avait pour mission de produire au plus vite des produits laminés non ferreux pour le front.
Les bâtiments existants, inadaptés à ce type de production, ne permettaient ni un flux de travail adéquat ni une disposition optimale des équipements. Ces derniers étaient surchargés et la production manquait de spécialisation.
Le 14 novembre 1941, le train arriva à Kamensk-Ouralski. Les habitants évacués de Koltchouguine furent logés dans l’école et le foyer de la colonie de Pervomaïski, tandis que les familles avec enfants furent logées dans des baraquements exigus. En un temps record, la production de barres, de fils, de tubes et de feuilles d’aluminium à partir de métaux et d’alliages non ferreux dut être mise en place sur un terrain quasiment nu.
Entre le 14 novembre 1941 et le 16 février 1942, 246 wagons chargés de matériel et environ 800 ouvriers arrivèrent de Kolchugino à Kamensk-Uralsky. Seules quelques heures furent allouées au déchargement des wagons. Des équipements de plusieurs tonnes furent déchargés à l’aide de rouleaux et de treuils, directement dans la neige épaisse. Bientôt, le site de la future usine n° 515 fut envahi par les équipements de part et d’autre.
Le chantier de construction de la fabrique:



Les ateliers suivants furent mis en oeuvre: une fonderie équipée de fours de fusion et d’une forge à creuset ; un atelier de presses, un atelier de laminage de fil, un atelier d’étirage principalement équipé de machines à tréfiler, un atelier de laminage de feuilles métalliques.
Les ateliers n’étaient pas chauffés et tant que la chaufferie n’était pas opérationnelle, on allumait des feux, des braseros, des fours à coke et des poêles de fortune en fonte là où l’installation des équipements ou d’autres travaux de construction étaient en cours. En décembre 1941, les tours de l’atelier de réparation et de mécanique ont été mis en service, d’abord pour produire des outillages et assembler les équipements en cours d’installation. En un temps très court, les autres ateliers ont été équipés et sont entré en activité.
Le 6 février 1942, l’atelier de laminage de feuilles a commencé ses activités. À cette époque, cet atelier était le seul du pays à produire des feuilles d’aluminium et d’étain ultra-minces en rouleaux. Le 15 février 1942, jour de la première fusion de métal dans le four électrique, est considéré comme la date de fondation de l’usine. Pour l’installation rapide des équipements dans des conditions difficiles, un groupe d’ouvriers fut décoré par décret du Présidium du Soviet suprême de l’URSS le 2 août 1942.
Une des trois presses (celle, verticale, de 600 tonnes):

Le laminoir (on remarque le personnel essentiellement féminin):

L’atelier d’outillage:

La fabrique a rapidement augmenté sa production malgré les problèmes posés par le manque de personnel qualifié et d’équipements. Par exemple, la fonderie n°1, qui produisait déjà 37 alliages à la mi-1943, ne disposait pas des balance qui permettait d’établir avec précision les proportions de matériaux introduit dans les fours, et la charge devait être transportée manuellement jusqu’aux fours…
De nombreux adolescents arrivèrent à l’usine en 1943. Une de leur tâche était de trier les métaux: ils déchargeaient les wagons remplis de douilles de cartouche usagées pour la refonte. Un événement marquant de 1944 fut la mise en service d’un four biphasé dans l’atelier n°1. La fabrique a très vite remplit son plan de production de produits laminés non ferreux, augmenta régulièrement sa production et, durant toute la guerre, honora les commandes de l’État pour les secteurs de l’artillerie, de l’aviation, de la construction de chars et de la radiocommunication.

Durant la guerre, l’usine a reçu à cinq reprises le Drapeau rouge du Comité d’État à la Défense et a remporté plusieurs fois le Concours socialiste pan-soviétique parmi les entreprises du Commissariat du peuple à la métallurgie des métaux non ferreux. 367 ouvriers de l’usine sont partis au front pour défendre la patrie, dont 96 ont été tués.
Dans les premières années d’après-guerre, la fabrique a augmenté sa capacité et sa production pour les secteurs de la construction navale, de l’aéronautique, de l’électrotechnique, des tubes à vide, des radars, des communications et autres. La gamme de produits a considérablement évolué : la production de barres de cuivre profilées, de poudres et de poudres de qualité militaire, ainsi que de tubes en alliages complexes a fortement diminué. De nombreux nouveaux produits furent mis au point, notamment du fil de laiton pour l’industrie de la chaussure, du fil de bronze au béryllium, du fil de laiton LA 85-05 (un substitut de l’or), du fil de nickel et de nickel-manganèse de très haute finesse, et bien d’autres.
En 1946, la fabrique absorba l’ancienne usine de magnésium de Kamensk pour y installer son atelier de poudres. Durant cette période, la production de peinture en poudre de bronze fut lancée pour la première fois en URSS, et la qualité de la peinture en poudre d’aluminium et des autres produits fut nettement améliorée. Les exportations commencèrent. En 1950, 1 100 tonnes de produits furent exportées.
La production totale de métaux laminés non ferreux augmenta de 40,9 % en 1950 par rapport à 1945. L’équipement ne cessa de s’enrichir de nouvelles machines de plus en plus performantes: nouvelle presse de 1500 tonnes puis une autre de 3500 tonnes, fournies par l’Allemagne à titre de réparation, nouveaux fours biphasés, nouvelles machines à tréfiler Norton, etc. En 1951, la fabrique est la première en URSS à opérer la coulée semi-continue de lingots à base de cuivre, améliorant considérablement le niveau technique de la production de fonderie et la qualité des produits. De nouveaux bâtiments furent construits pour le développement de la production, ainsi que des laboratoires pour la conception de nouveaux alliages.
Une presse hydraulique:

Un four avec mélangeur et coulée continue:

À la fin des années 1950, la production de nouveaux profilés en cuivre et en alliages de cuivre s’est avérée nécessaire pour accompagner l’électrification du transport ferroviaire. Les commandes à l’exportation ont alors fortement progressé.
A l’origine de la fabrique, les travailleurs étaient logés dans des conditions extrêmement précaires, sans chauffage ni eau courante. La surface habitable moyenne était de 2,5 mètres carrés par personne. En dix ans, environ 30 000 mètres carrés de logements furent construits et les conditions de vie s’améliorèrent considérablement et des bâtiments convertis en dortoir, comme des écoles, purent retrouver leur fonction première. Des équipements collectifs (système de pompage et d’adduction d’eau, chaufferie, écoles, équipements sportifs, jardin d’enfants, hôpital, bibliothèque, etc.) furent aussi développés.
L’hôpital inauguré en 1942:

L’école pour jeunes travailleurs:

Le « club » (maison de loisir et de culture):

La croissance fulgurante de l’économie soviétique, le développement rapide du secteur spatial et de l’aviation à grande vitesse, le renforcement constant des capacités de défense de l’URSS, l’électrification du transport ferroviaire et d’autres défis économiques nationaux majeurs ont contraint la fabrique à accroître sa production de produits laminés non ferreux et à développer et introduire de nouveaux produits et matériaux de haute qualité.
La fabrique a connu un épisode difficile en 1959-1960, ne parvenant pas à remplir le plan, mais une nouvelle direction et de nouveaux équipements lui permirent de poursuivre son développement et d’augmenter sa capacité de production, principalement grâce à la reconstruction de l’atelier d’électrofonderie avec l’installation de nouveaux équipements de fusion et de coulée modernes et performants. Deux lignes de production automatisées pour l’étirage et la finition des barres de laiton furent installées dans l’atelier de pressage. Les ateliers d’étirage furent partiellement modernisés avec des équipements d’étirage modernes de fabrication nationale. En 1964, la construction d’un nouvel atelier de laminage du cuivre commença, avec l’installation d’équipements nationaux de pointe. La mise en service de ce laminoir a plus que doublé la production de produits laminés non ferreux.
Le chantier du nouvel atelier de laminage de cuivre:

La production de produits laminés non ferreux en 1965, dernière année du plan septennal, a progressé de 27,5 % par rapport à 1958. En 1970, ce chiffre avait encore augmenté de 40,9 %. L’équipement ne cessa de se développer, avec par exemple la mise en service de deux lignes de production automatisées pour les barres de laiton, fabriquées en République tchécoslovaque, qui effectuaient toutes les opérations d’étirage, depuis le soudage des ébauches en bobines lourdes pesant de 600 à 800 kg, jusqu’au polissage, au lavage et au séchage des barres finies et coupées aux dimensions voulues. La mise en place de lignes de production optimisées a permis d’accroître la productivité de 20 à 30 % et le rendement de 3 à 5 %.
Une ligne de production automatisée:

Le laboratoire pour les nouveaux alliages:

La fabrique sut répondre au besoin en nouveaux matériaux métalliques à base d’aluminium, présentant une résistance thermique accrue et des propriétés mécaniques et technologiques uniques, requis par le développement de l’aviation à grande vitesse et de la navigation spatiale. Outre les produits à base d’aluminium, l’usine a développé une technologie industrielle pour la production de fil de titane, qui comprend un certain nombre de solutions technologiques originales en matière de procédés d’étirage, de recuit et de gravure.
Au début des années ’60, les derniers équipements datant de la guerre étaient remplacés, et le taux d’automatisation de la production ne cessa de croître. Ce développement nécessité la construction de nouvelles stations de distribution à haute tension, d’une station d’épuration des eaux usées acides d’une capacité de 1 350 m³/jour, une station d’épuration des gaz d’une capacité de 60 000 m³/heure pour l’électrofonderie, une station de compression d’une capacité de 300 m³/min et d’es ‘unités de production d’énergie à partir de combustible gazeux.
Un quantomètre automatique:

La nouvelle station de compression:

En 1970, le premier atelier de zinc combinant la coulée continue et le laminage de barres de zinc a été mis en service. Cela a permis d’accroître la productivité des équipements de tréfilage et d’améliorer la qualité du fil. La même année, de nouveaux équipements nationaux performants ont été installés dans l’atelier de laminage du cuivre, fonctionnant en modes automatique et semi-automatique. En 1971, le ministre soviétique de la Métallurgie des métaux non ferreux, P.F. Lomako, a classé la fabrique parmi les dix entreprises industrielles ayant enregistré la plus forte augmentation de leurs volumes de production durant le huitième plan quinquennal (1966-1971). De nouveaux équipements ont été ajoutés les années suivantes.
La mise en service d’un nouvel atelier en 1972, équipé de machines de coulée continue et d’unités de découpe de lingots, a permis d’accroître le rendement en lingots utilisables de 10 à 12 % et la productivité des équipements de 30 à 40 %. La mise en service d’un nouvel atelier en 1972, équipé de machines de coulée continue et d’unités de découpe de lingots, a permis d’accroître le rendement en lingots utilisables de 10 à 12 % et la productivité des équipements de 30 à 40 %. Toujours en 1972, neuf nouvelles lignes de machines pour le tréfilage et le recuit combinés par chauffage par résistance électrique ont été installées, qui ont permis d’augmenter la productivité de 40 %.
En 1972, la fabrique est devenue la première entreprise industrielle de Kamensk-Oural à obtenir le droit d’apposer sur ses produits (des barres de laiton) le poinçon de la marque de qualité de l’URSS. En 1975, la reconstruction de l’atelier d’électrofusion a été achevée, ce qui a permis de doubler la production de lingots par rapport à 1963 et d’augmenter de 50 % la productivité par ouvrier. Toujours en 1975, le premier ordinateur (un Minsk-32) fut installé, et un centre informatique et de gestion des informations fut créé.
L’atelier d’étirage et de recuit du fil de laiton:

La fabrique et ses ouvriers ont reçu de nombreux prix et certificats pour des innovations améliorant la production en quantité ou en qualité. Pour la mise en œuvre réussie des décisions du Parti et du gouvernement relatives à la réalisation à long terme des plans d’État, 656 ouvriers de production de haut niveau ont été décorés de l’Union soviétique, notamment 36 ordres de Lénine, 61 ordres du Drapeau rouge du Travail et 24 ordres de l’Insigne d’honneur. 158 personnes ont reçu des distinctions du ministère de la Métallurgie des métaux non ferreux de l’URSS.
Contrôle de qualité à l’atelier n°3:

Dans les années 1960, le parc immobilier des cités totalisait 62 454 mètres carrés, dont 55 600 mètres carrés de surface habitable dans des bâtiments permanents. En 1968, 1 204 familles vivaient dans des appartements individuels bien aménagés, offrant une surface habitable moyenne de 6,6 mètres carrés par personne.
La construction d’immeubles d’habitations:

Un bloc d’habitation avec au rez-de-chaussée l’épicerie « Rassvet » :

Parallèlement au développement de la construction résidentielle, des infrastructures sociales et culturelles étaient constamment mises en place. À la fin des années 1950, la construction et l’expansion des commerces ont débuté avec l’ouverture de magasins spécialisés tels que des laiteries, des primeurs, des boulangeries, des magasins de chaussures et des magasins de marchandises générales. Des magasins de matériel médical, un magasin de meubles, un magasin de chaussures et un magasin de location d’électroménager ont ensuite été ouvert.
Une nouvelle clinique a été ouverte, ainsi qu’une nouvelle infirmerie d’usine et un centre de cure géré par la fabrique. Ont également été construits dans les années ’60: deux jardins d’enfants, trois crèches/jardins d’enfants, un camp de pionniers, des bains publics, une piscine pour enfants, trois écoles polyvalentes, un lycée professionnel, un centre de formation, une école de musique, etc.
La nouvelle clinique:

Le centre de formation:

Un monument à la mémoire d’Ilya Vassilievitch Abramov, Héros de l’Union soviétique, a également été édifié. Ilya Vassilievitch a travaillé dans la fabrique jusqu’en 1942, date à laquelle il fut envoyé au front. Ilya Vassilievitch Abramov participa aux combats dès juillet 1942. Il avait été gravement blessé alors que le bataillon de sapeurs auquel il appartenait Ilya Vassilievitch avait pour mission de sécuriser un point de passage sur le Dniepr. Sous un feu nourri, les sapeurs, ouvrirent une brèche dans les défenses hitlériennes et permirent l’entrée dans Kiev. L’inauguration du monument eut lieu le 26 juillet 1968, jour de son anniversaire, en présence de sa famille, d’élus municipaux, d’employés de l’usine et d’habitants du quartier:

Le 9 mai 1968, un mémorial dédié aux ouvriers de l’usine morts au combat pendant la guerre fut inauguré:

Le 28 mars 1974, c’est le nouveau Palais de la Culture qui ouvre ses portes. Avec ses deux auditoriums, sa bibliothèque, son gymnase, et ses nombreux clubs et chorales, il allait vite être le centre de la vie communautaire locale:

En 1980, l’usine a inauguré un atelier d’alliages complexes. En 1984, le laboratoire d’analyse rapide de l’atelier de fonderie électrolytique a été modernisé et en 1985, un ordinateur ES-1035 de troisième génération a été installé dans ce système:

Les cités ouvrières et leurs activités:




Malgré un contexte national difficile, la situation de la fabrique de métaux non ferreux de Kamensk-Oural est restée stable jusqu’à la fin des années 1980. En décembre 1988, la KUZOCM a produit son premier lingot, suivi de 200 tonnes de cuivre M-1 coulées à l’aide d’une machine de coulée verticale continue.
Au début des années ’90, une machine de coulée horizontale continue pour alliages à base de cuivre, un laminoir haute performance ainsi qu’un ensemble de machines de découpe par électroérosion ont encore été mis en service. Mais la situation économique devenait de plus en plus précaire. La production industrielle et agricole a diminué et les prix dans la région de Sverdlovsk ont été multipliés par deux à cinq en 1990.
La fabrique célébrait son 50e anniversaire en février 1992. Elle avait fonctionné à pleine capacité jusqu’en novembre 1991. À la fin de l’année 1992 et au début de l’année 1993, La fabrique fut privatisée – elle est toujours en activité.