Nacar (Molnija 3602)

(photos: nawcc.org)

Montre de poche (type « savonnette ») produite par la Fabrique de Montres de Tcheliabinsk.
Type de fermeture du fond : Clipsé
Mécanisme : 3602 à 18 rubis
Diamètre sans couronne : 49mm
Longueur avec couronne : 60mm
Épaisseur : 12mm

Cette montre est une exception dans la gamme Nacar, car cette marque d’importation en Turquie commercialisait presque essentiellement des montres suisses. La marque Nacar a été fondée par deux frères arméniens de Turquie: Ohannes and Kevork Nacaroglu. Ils ont un lien avec et créent la marque Nacar (diminutif de leur nom), pour des montres produites par la Fabrique de montres Zila et qu’ils commercialiseront en, Turquie, en Syrie, et au Liban .

Celle-ci a pour origine la maison Oscar Scheidegger-Bourquin, fondée en 1917 ou 1918 à La Heutte, près de Bienne, par Oscar Scheidegger et son épouse Léa Bourquin. En 1922, la maison est active dans la fabrication et la vente d’horloges et change sa raison sociale en Oscar Scheidegger-Bourquin, fabrique d’horlogerie Zila et procède au dépôt de la marque ZILA (anagramme de l’expression alémanique « am Ziel »: « arrivé au but/arrivé à destination »). En 1924, elle commence la production de montres bracelet. En 1927, la société est transformée en société anonyme sous la raison sociale Société anonyme Fabrique de montres ZILA.

Publicité de 1942 (photo: dictionnaire du Jura)

Ohannes Nacaroglu résidait à Bienne et Kevork à Istanbul. Les première Nacar arrivent en 1929 arrivent sur le marché turc en 1929 et elles s’y implanteront. Les frères Nacaroglu vendront aussi des montres sous la marque Enson (déposée à Istanbul en 1964). Dans les années 1940, l’Administration des Chemins de fer commande une montre de poche à Nacar. Ces montres, toujours fabriquées par Zila, qui ont des reliefs de locomotive sur leurs couvertures arrière, étaient très populaires.

Après guerre, la Fabrique de Montres Zila s’est spécialisée dans l’exportation de ses produits aux grossistes étrangers. C’est elle qui dépose en Suisse, en 1960, la marque Nacar (elle ne sera déposée à Istanbul qu’en 1987 par les frère Nacaroglu). En 1978, alors que la crise horlogère sévit, l’entreprise emploie encore 15 personnes, majoritairement des femmes. Cependant, sous l’effet de la crise, elle est contrainte de se restructurer et abandonne le remontage de mouvements en atelier mais pas la fabrication. L’entreprise exporte alors essentiellement ses produits au Moyen-Orient, spécialement en Turquie. La Fabrique de Montres Zila fait faillite en 1998.

L’horloger Mustafa Nalçacı, le fondateur en 1951, de la société Konyalı, a pendant des décennies été une relation d’affaire de Kevork Nacaroğlu. Cette collaboration a abouti à la vente de la marque un an avant la mort de Kevork Nacaroğlu en 1989. La marque Nacar est ainsi passée à la famille Nalçacı. Mais il a fallu 10 ans pour qu’elle se décide relancer la commercialisation de montres sous cette marque. La société achète tout l’équipement de la fabrique Palmtag en Allemagne, en 1966, et la transfet en Turquie. La production d’horloges à pendule, d’horloges murales à piles et de machines horlogères, qui a débuté en 1972 avec la marque Erben, s’est arrêtée en 1994, en raison de l’afflux des produits asiatiques. La société vendra des Nacar de diverses origines, à l’image de cette Nacar produite à Tchéliabinsk, à l’image des Serkisof également destinées à la Turquie