
Viatcheslav Vassilievitch Tikhonov (Pavlovski Possad, le 8 février 1928 – Moscou, le 4 décembre 2009) est un immense acteur soviétique.
Il entre de l’Institut national de la cinématographie dans la classe de Boris Bibikov et Olga Pyjova dont il sera diplômé en 1950, avec mention. Il intègre la troupe du Théâtre national d’acteur de cinéma où il se démarque dans le rôle d’ourse dans le Miracle ordinaire d’Evgueni Schwarz adapté par Erast Garine en 1956. Tikhonov fait ses premiers pas au cinéma alors qu’il est encore étudiant, dans la Jeune Garde de Sergueï Guerassimov sorti en 1948, qui est un immense succès. Il joue dans Cela s’est passé à Penkovo de Stanislav Rostotski, en 1957. À partir de ce moment, sa carrière prend son essor et l’artiste est fortement sollicité. Il brille tout particulièrement dans le rôle du prince André Bolkonski dans le premier épisode de l’épopée Guerre et Paix de Serge Bondartchouk (1967).

Ce personnage est toutefois chassé de l’inconscient collectif par celui qui est définitivement associé à Tikhonov aux yeux des spectateurs, Max Otto von Stierlitz de son vrai nom Maxim Issaïev, officier soviétique, agent double au cœur du service de renseignements de la SS. Tikhonov apparait sous les traits de von Stierlitz dans les douze épisodes du feuilleton télévisé de Tatiana Lioznova Dix-sept moments de printemps tiré du roman du même titre de Julian Semenov.

Le film devient culte en URSS et donne lieu à une grande distribution de titres honorifiques aux acteurs y ayant participé dont Tikhonov qui est nommé Artiste du peuple de l’URSS en 1974. Il est également récompensé par le prix des frères Vassiliev (1976) et le prix du KGB (1978). Il inspire Vladimir Poutine et l’incite à se lancer dans une carrière d’agent secret. L’artiste rejoint les rangs du parti communiste en 1976.
En 1977, sa performance dans Bim chien blanc à l’oreille noire nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lui apporte le prix Lénine. Après la dislocation de l’URSS, dans le contexte des bouleversements de l’industrie cinématographique avec la mise en avant de l’aspect rentable des films, Tikhonov accepte peu de propositions. Il refuse les rôles qui bousculent ses valeurs morales au nom du succès commercial. Il tourne encore sous la direction de Nikita Mikhalkov, dans le premier volet du Soleil trompeur en 1994. On le voit pour la dernière fois sur le grand écran dans Andersen. Une vie sans amour d’Eldar Riazanov en 2006.
Les montres de Thikonov
De vieilles photos montrent que Maxim Isaev, alias Stirlitz, portait une montre ronde à cadran blanc. Selon une version, l’acteur portait dans la série une “Luch-2209”, selon une autre version est que
l’acteur portait une Longines qui lui appartenait.
Du 5 au 9 février 2020, le quatrième festival international du film Vyacheslav Tikhonov « 17 Moments » s’est déroulé à Pavlovsky Posad. Anna Tikhonova, la fille du grand acteur, actrice et producteur soviétique, présidente du festival a abordé à la conférence de presse la relation entre Vyacheslav Tikhonov et Youri Gagarine. Tikhonov et Gagarine étaient très amis et, avant son dernier vol, Gagarine a demandé à son ami de s’acheter une montre pour se souvenir de lui.

Avant de s’envoler pour vol d’entraînement fatal, Youri Gagarine aurait voulu offrir à son meilleur ami-acteur un souvenir inoubliable. Mais en raison de la mission à venir, le cosmonaute n’avait pas de temps libre. Gagarine aurait donc demandé à Tikhonov de s’acheter une montre, pour se souvenir de lui en la regardant. Gagarine meurt, les années passent et Tikhonov oublie l’incident. En 1979, Tikhonov ait été voir la célèbre bulgare Baba Vanga et que celle-ci lui a demandé, depuis le pas de la porte, pourquoi il avait oublié son meilleur ami et la promesse qui lui avait été faite. Tikhonov aurait été bouleversé de ce rappel.
Cette histoire, qui a été rapportée dans plusieurs ouvrages consacrés à baba Vanga, est pleine d’invraissemblances (Gagarine incapable de se procurer une montre pour son ami, et lui demander d’achzeter lui-même son cadeau) mais Anna Tikhonova la rapporte néanmoins, ajoutant qu’à son retour de Bulgarie, Tikhonov s’est immédiatement acheté une montre de la marque Slava. À la demande d’Anna Tikhonova, la société Slava a réalisé une édition limitée de ce qui aurait été la montre préférée de l’acteur, avec un autographe gravé sur le cadran.


On peut supposer que la montre évoquée est la Slava2414/ 3991957

ou la Slava 2414/3996936

On peut aussi douter de plusieurs aspects de cette opération commerciale de la fabrique Slava…
Une autre montre au poignet de Thikonov:

La tombe de l’acteur à Moscou:
