Les sous-marins soviétiques

La première montre à arborer un sous-marin fut la Komandirskie:

La forme unique du kiosque permet d’identifier la classe de sous-marin évoquée (plutôt que strictement représentée) par ce motif: il s’agit d’un sous-marins nucléaires d’attaque Projet 627 « Kit » (кит, baleine), désigné par l’OTAN classe « November ».

Ce sont des bâtiments célèbres car ce furent les premiers sous-marins à propulsion nucléaire construits par l’URSS. Le premier des 13 construits, le K-3 Leninski Komsomol avait pris la mer. Le 3 juillet 1958. Quatre ans plus tard, le 17 juillet 1962, il est le premier sous-marin de la marine soviétique à atteindre le pôle Nord, en passant sous les glaces.

Dans les modèles ultérieurs, les gouvernails arrières sont représentés, mais l’avant du kiosque est déformé (comme si le graphiste avait pris la petite ligne horizontale du premier design pour un redan, et l’avait accentué):

Les modèles suivent rétablissent le bon profil:

Le motif des montres suivantes évoque le successeur du Projet 627, le Projet 671, la seconde génération des sous-marins d’attaques soviétiques.

Il a connu trois sous-classes:

– Projet 671 Yorsh (Ёрш, Grémille, une sorte perche), Victor I pour l’OTAN : entrée en service en 1967. 16 unités construites.
Projet 671RT Syomga (Сьомга, Saumon atlantique), Victor II pour l’OTAN : entrée en service en 1972. 7 unités construites dans les années 1970.
Projet 671RTM Chtchouka (Щука, brochet), Victor III pour l’OTAN : entrée en service en 1979. 25 unités produites jusqu’en 1991. e dernier type possède un grand bulbe à sonar très reconnaissable à l’arrière. Ce ne sont que les deux premiers modèles qui sont évoqué par le motif de ces montres.

Ci-dessous: des 671RT:

Brève histoire des sous-marins soviétiques

La géographie de l’URSS opposait son immensité à son enfermement maritime: tous ses accès aux larges étaient soumis à des contraintes (glaces, détroits) et exposé aux feux de l’OTAN. Même l’accès à l’Atlantique étaient en partie verrouillé par la barrière du GIUK (Greenland, Island, United Kingdom).

Pour parer à cet enfermement, le sous-marin a joué un rôle significatif dans la stratégie soviétique d’accès aux mers libre et de confrontation aux puissances occidentales. Si l’URSS développa d’abord un grande flotte de sous-marins de défense côtière, la production de sous-marins océaniques connu un grand développement et, en 1941, les forces sous-marines soviétiques étaient les premières du monde avec 240 bâtiments. Cette force cependant (à l’image de sa flotte de bombardements lointains, également la première du monde à la veille de la guerre, ou celle de ses forces aéroportées) ne parvint pas à jouer un rôle stratégique.

Dix ans à peine après le premier essai nucléaire d’août 1949, un premier sous-marin classique lanceur d’engins est mis en service, en 1958, capable de ne tirer qu’en surface. La propulsion nucléaire en sera maîtrisée que cette même année.

Un des premier sous-marin lance-missiles soviétique (avec deux tubes de lancement à l’avant), le Projet 644

Sous l’impulsion remarquable de l’amiral Gorckhov qui restera à la tête de la marine russe pendant près de trente ans, s’opère une reconsidération de l’espace stratégique : le bastion arctique tout d’abord, avec un premier passage sous le pôle Nord en 1962 (il faut alors faire surface pour tirer sous la glace) pour la dissuasion et sa protection par un glacis, disputé par l’Otan en mer de Norvège, l’Atlantique Nord et la Méditerranée ensuite, en interdiction des groupes de porte-avions alliés, considérés comme la menace principale.

Sergueï Gorchkov

Cette orientation stratégique conduit au développement de moyens performants au plus fort de la guerre froide avec notamment les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins Projet 670 Skat (Скат, raie, Charlie pour l’OTAN) et Projet 941 Akoula (Акула, requin, Typhoon selon l’OTAN) et pour la chasse aux porte-avions, les sous-marins nucléaires d’attaques 671RTM Chtchouka (Щука, brochet, Victor III selon l’OTAN), 705 Lyra Лира (Lyra, Alpha selon l’OTAN) et Chtchouka-B (Щука-Б, brochet, Akula selon l’OTAN). A sa chute, l’URSS avait la première flotte sous-marine du monde, avec 375 bâtiments.

Un Projet 941 Akoula, les plus grands sous-marins jamais construits, pouvant lancer 20 missiles intercontinentaux

Lorsqu’en 1956, Sergueï Gorchkov est nommé commandant en chef de la marine soviétique, celle-ci était pratiquement enfermée dans ses eaux territoriales. Plus de 80% des navires étaient affectés à des opérations côtières. A la fin de l’ère Gorchkov, la flotte soviétique croisait dans toutes les parties de l’océan mondial. En 1985, avec plus de 1 500 navires, avec la plus grande flotte sous-marine du monde, avec une flotte de surface et une aéronavale pionnières dans l’exploitation des possibilités offertes par les missiles air-mer (croiseurs lance-missiles des classes Kara, Slava et Kirov), la marine soviétique était la deuxième au monde, juste derrière l’US Navy.

Le Kirov, un croiseur lance-missiles mer-mer de la classe 1144 Orlan