Les montres à heure sautante

L’horloger français Blondeau invente vers 1830 une complication horlogère inédite et une lecture de l’heure différente. Il fabrique alors une montre de poche pour le roi Louis Philippe. L’indication de l’heure est au format numérique et s’affiche dans un guichet. Le chiffre change automatiquement à chaque passage d’heure.
L’heure sautante apparaît sur les montres bracelet dans les années 20. Audemars Piguet conçoit la première montre-bracelet à heure sautante, munie du calibre HPVM10 » en 1921, suivront Cartier en 1929 avec sa Tank, IWC, Vacheron Constantin, Rolex avec son modèle Brancard… Le guichet offre une nouvelle architecture de cadran qui s’adapte parfaitement au rectangle, forme de prédilection de l’Art déco.

C’est un genre de montre complexe, et rarissime dans la production horlogère soviétique.
On n’en connait que deux modèle, dont l’un n’est sans doute qu’un prototype.

Il y a d’abord ces montres, produites par la Fabrique de Montres de Penza.
La production totale s’est élevée à 1000 exemplaires en 1975 et 500 exemplaires en 1976.
Leur mécanisme est le Zaria 2006 (En savoir plus sur le mécanisme).

La montre et son mécanisme apparait dans l’ouvrage classique ^publié en 1977 par A. P. Karitonchouk: Livre de référence pour la réparation des montres (Справочная книга по ремонту часов)

traduction:

MONTRES AVEC DISQUES NUMÉRIQUES
Montre « Zarya » 2006

Le mécanisme de base de ces montres est celui de la montre « Zarya 2009 ». Dans les montres (fig. 88), au lieu des aiguilles, des disques numériques sont utilisés : heures, minutes et secondes, installés à la place des aiguilles des heures, des minutes et des secondes. Le disque des secondes se trouve dans une découpe spéciale faite dans le cadran ; le changement d’indication des secondes se fait instantanément, à la fin de chaque seconde.
En relation avec l’indication numérique du temps dans les montres « Zarya 2006 », la roue des heures, l’arbre de la roue des minutes, la roue des secondes et la roue centrale, le pont central ont été modifiés ; ainsi que l’ajout de pièces et ensembles supplémentaires.
Sur la roue des heures 10 (fig. 89), se trouve un disque des heures 4 (tambour) portant les chiffres des heures. Il est monté dans le boîtier 4, et les chiffres sont visibles à travers une ouverture dans le cadran.
Le boîtier possède une forme spéciale en deux parties, avec des découpes sur la surface supérieure. Le disque des minutes 2 est fixé au boîtier ; à son extrémité est attaché le ressort spiral 5. Sur le boîtier avec le disque des heures se trouve une roue à cliquet qui maintient le disque des heures en position pendant la rotation. Le disque des minutes 2 comporte des divisions de minutes et est fixé sur l’arbre 9 du disque des secondes ; le disque des secondes 3 comporte des divisions de secondes.
Fig. 88. Montre « Zarya 2006 » :
a — vue extérieure ; b — disques numériques.
Fig. 89. Schéma du mécanisme à disques de la montre « Zarya 2006 ».
Pendant le fonctionnement du mécanisme de la montre, une rotation complète du disque des minutes se produit en 60 minutes. À la fin de la rotation, un doigt spécial agit sur le levier de blocage et libère le disque des heures, qui, sous l’action du ressort spiral, tourne d’un pas et affiche le chiffre suivant. Après le changement du disque des heures, le doigt revient à sa position initiale.
Le disque des secondes tourne chaque seconde, comme l’aiguille dans une montre ordinaire.
La réparation des montres à affichage numérique se fait de manière analogue à celle des montres ordinaires avec aiguille centrale des secondes « Zarya »

Un second exemplaire remarquable pour deux raisons:

D’abord parce que le mécanisme est marqué 2033

Ensuite parce qu’il s’agit de la montre de Féodor Mikhailovich Koulikov.

À F. M.
Koulikov,
pour son 50ᵉ anniversaire,
de la part des secrétaires
du Comité régional du PCUS.

La montre a donc été remise en 1975

Féodor Mikhailovich Koulikov est né en 1925. Fils adoptif dans la famille d’un cheminot, son père, bon spécialiste, est muté en 1929 à Penza. Étudiant à l’école technique de mécanique de Penza, Avec d’autres étudiants de l’école technique de mécanique de Penza, il travaille à la fabrique Frounzé, la ZIF, plus tard renommée Fabrique de Montres de Penza. Il travaillait sur une perceuse à la fabrication des fusibles pour munitions. Féodor quitte en février 1943 l’école et la production pour monter au front. Il combattra comme mitrailleur de la 12e brigade aéroportée de la garde, sur le front de Carélie.

En 1949, il est diplômé de l’école professionnelle de Penza n°6 (école technique de construction de machines de Penza), où il dirigear le comité du Komsomol. Il sera ensuite technicien puis d’histoire au lycée. Il devient après cela fonctionnaire politique: en 1955 il est Premier secrétaire du Comité municipal de Penza du Komsomol. Il gravit ensuite les échellons du Parti communiste d’Union soviétique. En 1975, année où il reçoit pour ses 50 ans cette montre, il est secrétaire du Comité régional de Penza du PCUS. Pendant plus de 30 ans, il a travaillé au sein du Comité régional de Penza du PCUS et contribuera au développement industriel de la région jusqu’à son admission à la retraite, en 1990.

Pour voir un troisième exemplaire d’une Zaria heure sautante: cliquer ici

Le second modèle est cette Luch de la Fabrique de Montres de Minsk, basé sur le mécanisme 1809, et dont on ne connait qu’un exemplaire.
La finition de cet exemplaire est très soignée. Le cadran était bleu à l’origine mais il a tourné au brun avec le temps. L’absence d’inscription ou de marquage laisse penser qu’il s’agit d’une pièce expérimentale.
Autre élément renforçant cette hypothèse, le mécanisme porte la référence 1809 alors qu’il a été transformé pour le dispositif d’heure flottante et qu’ainsi sa référence aurait dû être 1806.

Le mécanisme de l’heure sautante est original. Un fil repose contre le disque et reste droit jusqu’à ce qu’il se plie tellement qu’il saute sur le disque adjacent. La différence par rapport à 1809 réside uniquement dans la roue de la montre, dans laquelle un fil est enfoncé. Simple et élégant.

Origine des montres présentées: forum watch.ru