Piotr Parchine et le Commissariat du Peuple à l’Arme des mortiers

Le 26 novembre 1941, le Commissariat du peuple de l’URSS pour l’Armement des mortiers, le NKMV (Народный комиссариат миномётного вооружения СССР, HKMB) est créé à partir du Commissariat du peuple à la construction mécanique générale de l’URSS.
Le terme de « mortiers » est plus large dans le vocabulaire militaire soviétique: les lance-roquettes « Katiouchas » étaient également considérées comme des mortiers (« mortiers de la garde »).
Une des principales activités des fabriques horlogères durant la guerre sera la production de fusées d’amorçage pour munitions.
Les fabriques horlogères passent donc en novembre 1941, sous l’autorité de ce ministère qui est dirigé par Piotr Parchine (1899-1970).

Piotr Ivanovitch Parchine

Il est né le 4 (16) octobre 1899 à la gare de Voyeikovo, dans la région de Penza) dans une famille de cheminots. En 1917, il est diplômé de l’école technique des chemins de fer de Penza. En mars 1917, il a travaillé comme technicien de maintenance des voies sur le chemin de fer Syzrans-Vyazemskaya.

En 1924, il est diplômé de l’Institut polytechnique de Petrograd et va travailler à l’usine Gosmet de Leningrad. À l’usine, il est passé de serrurier à ingénieur en chef. D’avril 1927 à août 1937, Parchine a travaillé comme directeur de l’usine de pesage Gosmetr. En 1928, il devient membre du Parti communiste. D’août à décembre 1937, il est chef du département principal de la construction de machines moyennes du Commissariat du peuple à l’industrie lourde de l’URSS. En janvier 1938, il est muté au poste de commissaire adjoint du peuple pour l’ingénierie mécanique de l’URSS.

En février 1939, il a travaillé comme commissaire du peuple de la construction mécanique générale de l’URSS. En novembre 1941, le Commissariat du peuple est transformé en Commissariat du peuple aux mortiers de l’URSS. Pendant la guerre Parchine a dirigé l’organisation de la production des « lance-roquettes de la garde » dans les entreprises transférées au Commissariat.

En février 1946, Parshine a dirigé le Commissariat du peuple à la construction de machines et d’instruments de l’URSS, qu’il a dirigé jusqu’en janvier 1956.
Au sein de ce ministère, la Direction générale de l’industrie horlogère (Главное управление часовой промышленности), en abrégé le « Glavchasprom » (Главчаспром) hérite de la responsabilité de toutes les fabriques horlogères de l’URSS, et c’est K. M. Britsko est nommé Vice-ministre, chargé principalement de l’industrie horlogère.

Quand à Piot Parchine, député du Soviet suprême de l’URSS et membre-candidat du Comité central du PCUS, il a été mis à la retraite en 1957, en raison de la purge opérée par Khrouchtchev. Il est décédé le 11 octobre 1971 à Moscou.

En passant sous l’autorité du Ministère de l’Arme des mortiers, en novembre 1941, les fabriques se virent attribuer une appellation qui préservait le secret militaire.
La plupart des fabriques de montres ont reçu leur numéro, commençant par 8 dans le cadre d’un désignation complète de ce type: « Завод N 834 НКМВ » (« Fabrique N 834 NKMV »)
Il y avait plusieurs dizaines d’usines avec le préfixe 8 dans ce ministère, ce 8 ne désigne pas les seules fabriques horlogères.
La Fabrique « Tochmash » de Vladimir n’était (apparemment) pas sous le contrôle de NKMV, cela expliquerait pourquoi son numéro ne commençait pas par 8.

Nomenclature

260 = Fabrique « Tochmash » de Vladimir, après son évacuation en 1941 dans la ville de Perm.
561 = Fabrique « Tochmash » de Vladimir, après sa réinstallation partielle à Vladimir en 1942.
Note: 516 et 260 étaient considérée comme des branches d’une même fabrique jusqu’en 1946, après quoi la Fabrique de Perm est devenue indépendante.
807 = Fabrique de Montres de Penza, à partir de 1942 (connue avant la guerre comme 3e Fabrique de Montre d’État)
823 = Fabrique de Pierres de précision n°1 (TTK1) de Petrodvorets, évacuée à Kusa, près de Tcheliabinsk, dans l’Oural (qui ne fabriquait alors pas encore de montres mais uniquement des pierres techniques pour l’industrie et l’horlogerie)
834 = Fabrique de Montres de Zlatoust, établie en 1942 avec des équipes et des outils de la 1ère Fabrique de montres d’État (845) et de la Fabrique de Pierres de Précisions n°2 (TTK2) d’Ouglitch (837)
835 = 2e Fabrique de Montres d’État après son évacuation de Moscou à Tchistopol en 1941
837 = Fabrique de Pierres de Précision d’Ouglitch (qui ne fabriquait alors pas encore de montres mais uniquement des pierres techniques pour l’industrie et l’horlogerie)
845 = 1ère Fabrique de Montres d’État à partir de 1941, partiellement évacuée à Zlatoust. En 1942, l’implantation de Zlatoust renvoie à Moscou une partie de l’outillage mais en reçoit du nouveau de la Fabrique d’Ouglitch et devient la Fabrique 834. Brièvement, de fin 41 à mi-1942, l’implantation de Zlatoust a été désignée comme 4e Fabrique de montres d’État.
847 = Fabrique d’Horloges Artistiques de Moscou
850 = Fabrique d’Horloges Électriques de Léningrad
853 = 2e Fabrique de Montres d’État, après sa réinstallation partielle à Moscou en 1942.

Désignations pour lesquelles il n’y a pas d’absolue certitude:

La Fabrique de Montres Maslennikov (ZIM) probablement désignée pendant la guerre N42 ou 42 parce que déjà désignée avant-guerre par ce numéro.
Comme la production de la Fabrique 41 à Kouibichev (Samara) consistait en fusées pour obus de canons antiaériens, elle relevait peut-être d’un autre ministère dont le système de désignation était différent.

La Fabrique N°5 désigne pour certains la Fabrique de Tchistopol, et pour d’autres la Fabrique de Serdobsk.
Suite à une étude fouillée, storyteller (WUS) donne sa préférence à Serdobsk.
Cependant, il y a bien des 53 estampés (dans un logo en forme de triangle) sur des mécanismes de Type-1 qui ne pouvaient pas être produit à Serdosk (cette usine ne produisait que des horloges); cette marque là est celle de la Fabrique (8)53, autrement dit de la 2e Fabrique d’État de Montres de Moscou qui effectivement a produit pendant la guerre des Type-1 (comme horloge de char e. a.)
Une confusion est née du fait qu’en cyrillique, le Z s’écrit 3 et qu’ainsi, certains n’ont pas lu le n°53 mais l’initiale 5Z, soit… Fabrique de Montres N°5. Cette question a animé un fil de six pages (!) sur WUS:

http://forums.watchuseek.com/f10/factory-5-factory-53-a-2694410.html

Source: http://forums.watchuseek.com/f10/wartime-names-soviet-watch-factories-2710858.html#post23928633