Les risques de radio-activité

  1. Considérations générales sur la radioactivité des montres et horloges

La radioactivité des anciennes montres viennent de la matière phosphorescente (le lume) appliquée sur les aiguilles et l’index.
Il s’agit d’un mélange de phosphore de sulfure de zinc et de radium, celui-ci activant le phosphore.

La faible quantité de radium dans le lume (généralement environ 0,01-0,03%) provoque une réaction au fil du temps qui décompose le phosphore. Le lume devient friable et prend une couleur inégale brun clair ou orange brunâtre.
Les lumes sans radium, y compris celles avec des lumières à base de tritium, ne réagissent pas de cette façon et n’arborent pas ces couleurs caractéristiques du phosphore brûlé.
Il est faux de croire que si la montre ne brille plus dans le noir, elle est devenue inoffensive, le phosphore a « brûlé » mais le radium reste actif -dangereux- quelques dizaines de milliers d’années….

La radioactivité n’est pas bien grave si la montre est bien fermée, elle se fond dans le « bruit de fond » radioactif naturel.
Les doses sont celles que l’ont peut recevoir par exemple en montagne ou en avion, là où l’atmosphère réduite protège moins des rayons cosmique. Les rayons alpha sont arrêtés par le verre et pour les rayons gamma.

Un exemple de radioactivité de montre est de 1µSv/h sous 1g/cm² (Gamma)
Les rayonnements Beta sont stoppés en majorités voir en totalités suivant l’épaisseur de l’écran de verre de la montre .
Une montre se mets au poignet, donc prenons la doses susceptible d’être prise aux extrémités par des travailleurs du nucléaires et par le public.
– Travailleur du nucléaire : Dose « extrémités » susceptible d’être prises sur 1 an: 500mSv, soit 500.000µSv
– Public : Dose « extrémités » susceptible d’être prises sur un an: 50mSv, soit 50.000 µSv
Si vous portez la montre type contrôlée 24h/24 et 365j/365, la dose est inférieure à 9mSv, soit 9.000µSv. Rien de dangereux.

Le vrai danger, c’est d’ouvrir la montre. Avec le vieillissement, le mélange tombant en poussière il peut se trouver des particules dans le mécanisme, collé à l’intérieur du verre ou du fond, etc. On risque de respirer et d’ingérer une poussière de radium.
Et le temps n’arrange rien: la demi-vie du radium dans les montres est de 1600 ans!
Il est très difficile de savoir si la peinture des montres vintage est au radium ou non, sans compteur geiger, d’autant que certains modèles ont eu des cadran au radium et d’autres non (les Rodina par exemple)

2° La radio-activité chez les montres soviétiques

Attention, les informations qui suivent sont le produits de recoupement sur base de montres effectivement constatées radio-actives.
Ces conclusions ne sont valables que « jusqu’à preuve du contraire »: les montres étudiées sont encore trop rares pour établir un classement définitif.
Donc, de grâce, pour les montres et horloges anciennes ayant eu de la matière luminescente, appliquez un principe de précaution et par dessus tout, ne vous risquez pas à les ouvrir.

Autre remarque: non seulement cet échantillonnage est trop limité mais en plus il est peut-être corrompu: telle ou telle montre a pu avoir son mécanisme ou ses aiguilles ou son cadran changé en cours de vie, ce qui d’embrouiller notre réflexion sur les millésimes.

Bref, d’après les recherches actuelles:
– L’URSS a cessé de produire du lume au Radium en 1960 (avant l’Occident).
Seule (semble-t-il) les montres de plongée Zlatoust 191 ont encore été lumées au radium jusqu’au tout début des années ’60 (jusqu’en 1961?). Ne sont donc suspectes que les montres des marques précédant la réforme de 1964
-Ne sont suspectes que les montres de la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (et notamment toutes les K-43 « Type-A » dotées d’un cadran luminescent) et celles de la Fabrique de Montres de Tchistopol. Les montres de l’époque critique provenant d’autres fabriques se sont jusqu’à présent révélées inoffensives.

3. Exemples de montres radioactives

Cette Sportivnie de 1956

Cette Moskva dont je ne connais pas le millésime (la sachant radioactive, je ne vais pas l’ouvrir…):

Deux fois le même modèle, la première est radioactive:

Mais celle-ci ne l’est pas:

Son mécanisme ne porte pas de millésime, donc elle se situe entre 1959 (années jusqu’à laquelle les calibres de la 1FMM ont porté un millésime) et 1964 (toutes les productions de la 1FMM adoptent la marque Poljot).
Or la précédente (radioactive donc) a le millésime 1956.
On pourrait donc en déduire que ce serait entre 1956 et 1959 (inclusivement) que la 1FMM aurait abandonné l’usage du radium…

MAIS
Celle-ci est radioactive alors que son mécanisme est sans millésime…

La montre ci-dessous est doublement exceptionnelle parce qu’à l’exception des K-43 (Type-1) toutes les montres dont la radioactivité a été confirmée ont un cadran noir (montres de militaire) et sont de 1959 ou d’avant 1959.
Donc soit cette hypothèse
[aiguilles luminescentes] + [fabriquée à la 1FMM ou à Tchistopol] + [d’avant 1959 ou de 1959] + [cadran noir] = radioactivité
souffre d’exceptions, soit la montre ci-dessous est « corrompue » (on lui aurait mis, des aiguilles au radium qui n’étaient pas d’origine).

Cette Kama cadran noir (de Tchistopol, donc) de 1957 est radioactive:

Mais celle-ci (cadran blanc et sans millésime, donc produite entre 1959 et 1964) ne l’est pas:

Mes deux Mayak sont radioactives (la première est de 1957, je n’ai pas ouvert l’autre):

Cette Pobeda (je ne l’ai pas ouverte) est radioactive:

Montres luminescentes d’avant 1964 mais qui ne sont pas radioactives

Cette Pobeda de la 2e Fabriques de Montres de Moscou de 1958 (ce qui confirmerait l’innocuité des montres de la 2FMM):

Cette Droujba de Tchistopol (sans millésime dont postérieure à 1959)

Cette Uran de Tchistopol (sans millésime donc postérieure à 1959):

Cette Tchaïka (donc une Tchaïka de Tchistopol d’avant 1964, pas de la marque générique de la Fabrique d’Ouglitch d’après ’64), sans millésime donc postérieure à 1959.

Cette Raduga de Tchistopol (sans millésime donc postérieure à 1959):

La radioactivité de ces montres va de 0,3 à 2,9 microSievert, mais tournent le plus souvent entre 0,5 et 1,5.
Les mesures ont été faites à Bruxelles par l’Agence Fédérale de Contrôle du Nucléaire. Ce n’est pas la première fois que j’y vais et j’ai chaque fois été accueilli avec diligence, gentillesse et efficacité.
Il n’est question ici que des montres, pas des réveils et ni des horloges (on sait que les premières horloges de marine de Tchistopol sont hautement radioactives).